Article du Nouvel Observateur du 13 Avril 2006
Des jobs « pour être utile »
Logiciels libres, commerce équitable, langue des signes...

Dans sa rubrique entreprendre, le Nouvel Observateur traite des façons utiles d’entreprendre. Parmis diverses sociétés proposant des activités qui vont du commerce équitable à la langue des signes, probeSys est citée par le biais du Logiciel Libre.
Ci-dessous un extrait de l’article.
Il fallait le faire. Avoir 30 ans, des masters d’informatique, des bons salaires dans des entreprises high-tech... et tout quitter pour créer sa boîte. Et pas n’importe laquelle. Cyril Zorman, Philippe Godot, Nicolas Gurret ont créé probeSys. « Je voulais me lever tous les matins en sachant pourquoi j’allais travailler », dit Cyril Zorman. ProbeSys n’est pas une boîte d’informatique comme les autres. Elle vend des services informatiques mais à partir des « logiciels libres ». Pour les profanes, expliquons que les logiciels libres - Linux, Apache - sont porteurs d’une philosophie du bien commun et du partage. Surtout, ils peuvent, contrairement à Microsoft, être modifiés, améliorés bénévolement par tout un chacun, qui peut en faire profiter tout le monde.
C’est cette démarche citoyenne qui sous-tend la création de probeSys. Bien sûr ses jeunes créateurs ne travaillent pas gratuitement. Ils font payer les services d’installation de ces logiciels, de transfert de compétences, de veille technologique. Mais avoir choisi de vivre en installant ces produits suppose tout de même des efforts : accepter des salaires plus bas, gérer la suspicion des banquiers, supporter le regard parfois ironique des copains (« Salut les babas cool idéalistes ! »). Un choix politique : « C’est le contraire du monde « propriétaire », explique Cyril. C’est permettre que, lorsque j’ai fait une trouvaille en informatique, tout le monde en profite. » ProbeSys a été primée au concours Talents (voir encadré) dans la catégorie « économie sociale », qui distingue des jeunes créateurs faisant preuve d’originalité mais aussi d’humanisme, de solidarité.
Cyril et ses associés sont assez représentatifs d’une partie des jeunes de leur génération : rebutés par un monde du travail qui ne les attend pas, hostiles aux effets du capitalisme sauvage plus qu’à l’économie de marché, ils cherchent à créer des entreprises viables dans le système mais conformes à leurs valeurs.
